Il y a des épisodes qui touchent à des sujets qu’on n’ose pas toujours aborder franchement. La santé mentale et ses traitements. La vie intime d’un couple qui s’étiole sans qu’on sache vraiment pourquoi. Et la question que beaucoup se posent en silence après une trahison : est-ce que ça peut recommencer ? Dans ce nouvel épisode du podcast de Bien Être Montauban, Camille Ficeli invite à nouveau Frédéric Vanderplancke, cette fois pour explorer sa casquette de sexologue et thérapeute de couple.
Psychotropes et alimentation : ce que les revues scientifiques les plus sérieuses commencent à dire
Frédéric ouvre la revue de presse avec un sujet délicat, qu’il prend soin de cadrer d’emblée : ni médecin, ni prescripteur, mais observateur attentif de la littérature scientifique. Et ce qu’il a lu mérite qu’on s’y arrête.
Une méta-analyse publiée dans le JAMA Psychiatry, l’une des revues psychiatriques les plus rigoureuses au monde, portant sur 50 études et plus de 41 000 participants, établit des liens préoccupants entre plusieurs classes de médicaments psychotropes et des effets cardiovasculaires indésirables. Troubles du rythme potentiellement fatals pour certains antidépresseurs et antipsychotiques. Risque accru de pancréatite allant de 18 % pour les antidépresseurs jusqu’à 220 % pour certains somnifères.
Ce n’est pas un appel à arrêter les traitements. C’est une invitation à poser davantage de questions, à ouvrir le dialogue avec son médecin, et à prendre au sérieux ce que la même étude révèle en parallèle : le régime cétogène est associé à une amélioration modérée à significative des symptômes dépressifs. Une piste nutritionnelle qui commence à s’appuyer sur des arguments scientifiques solides, y compris des recherches conduites à Toulouse sur les liens entre alimentation cétogène et troubles psychiatriques sévères.
Frédéric partage son expérience personnelle avec la céto-diète, sans l’imposer, sans dogmatisme, et explique en quelques mots le principe : priver le corps de glucides pour l’amener à produire de l’énergie autrement, via les corps cétoniques puis les acides gras. Un sujet controversé en France, bien plus accepté ailleurs dans le monde. Un débat qui mérite d’être suivi.
Votre ventre est peut-être plus impliqué dans votre humeur que votre cerveau
Camille apporte le deuxième article, et le chiffre qui le résume mérite qu’on le lise deux fois : environ 90 % de la sérotonine du corps est produite dans l’intestin, pas dans le cerveau.
Ce neurotransmetteur du bien-être, souvent au cœur des traitements antidépresseurs, est donc majoritairement fabriqué dans le tube digestif. Et la recherche scientifique récente construit progressivement un tableau plus large : l’axe intestin-cerveau, ce système de communication bidirectionnel permanent entre notre microbiote et notre système nerveux, est aujourd’hui associé à cinq conditions majeures : anxiété, dépression, TDAH, schizophrénie et maladie d’Alzheimer.
Camille ajoute une observation venue de sa pratique de massage : certaines personnes qui ont subi des irrigations du côlon lui ont rapporté avoir traversé des souvenirs enfouis, parfois accompagnés de pleurs. La mémoire ne serait pas uniquement dans la tête.
Et Frédéric apporte une dimension supplémentaire, fascinante : le microbiote s’adapte à ce qu’on mange, et les bactéries dominantes influencent à leur tour les envies alimentaires. Un cercle vertueux ou vicieux selon ce qu’on choisit de mettre dans son assiette. Ce qu’on nourrit finit par parler directement à notre cerveau.
Pourquoi Frédéric est devenu sexologue, et ce que ça change
Camille lui pose la question directement : comment son activité s’est-elle enrichie de la sexologie ? Et la réponse de Frédéric est révélatrice.
Ce ne sont pas lui qui a choisi la sexologie. Ce sont ses clients qui l’y ont conduit. Parce que dans les séances d’hypnothérapie, les difficultés liées à la sexualité finissaient toujours par émerger, parfois frontalement, souvent de biais, glissées en fin de séance, portées comme une gêne qu’on ne nomme pas. Et il a compris quelque chose d’essentiel : les difficultés sexuelles ne sont jamais isolées. Elles sont soit le symptôme d’un mal-être profond, soit sa cause directe.
Rester à la surface avec ses outils d’hypnothérapeute lui semblait apporter une réponse incomplète. Il s’est donc formé, TCC spécifiques à la sexualité, lectures, protocoles, pour avoir les bons mots, le bon cadre, la bonne posture face à des sujets qui méritent autant de rigueur que n’importe quelle autre dimension de la santé.
Aujourd’hui, cette double compétence, hypnose et sexologie, structure une grande partie de son activité. Séances individuelles pour traverser des blocages intimes, des deuils relationnels ou des questions sur le désir. Et de plus en plus, thérapie de couple, qui représente aujourd’hui une part importante de ce qu’il fait au quotidien.
La thérapie de couple n’est pas la salle des urgences de la relation
C’est peut-être la partie la plus utile de cet épisode, et la plus universelle. Frédéric démonte un malentendu répandu : on n’attend pas que ça aille mal pour consulter un thérapeute de couple. Ou plutôt, on ne devrait pas attendre.
Les couples qui poussent sa porte ne sont pas en guerre. Ce sont, le plus souvent, des gens qui s’aiment encore, qui ont laissé s’installer une distance progressive. Une routine qui a remplacé la connivence. Des conversations qui restent en surface parce qu’on ne sait plus vraiment comment aller en profondeur. Un désir mis en veille sans qu’on ait vraiment décidé que c’était acceptable. Une cohabitation qui remplace peu à peu une vie partagée.
La question qu’il pose systématiquement aux couples en séance : « À quel moment avez-vous senti que quelque chose avait changé ? » La réponse est presque toujours la même : il y a longtemps. On n’a juste pas su quoi faire à ce moment-là.
Il ne s’agit pas de sauver les couples à tout prix. Parfois, son rôle est de mettre de la clarté. D’apprendre aux deux personnes à exprimer avec des mots simples ce qu’elles portent, parce que sans mots explicites, on offre à l’autre la possibilité de projeter, et donc de se tromper. Il aime dire qu’il fait « exprès de ne pas comprendre tant que les mots ne sont pas dits ». Parce que ce moment où quelque chose est enfin dit à voix haute, et entendu, peut tout changer.
Infidélité : une fois, ça recommence vraiment ?
La rubrique sexo de cet épisode s’appuie sur une étude publiée dans Archives of Sexual Behavior par une équipe de l’Université de Denver. Elle a suivi 484 personnes sur cinq ans, à travers deux relations successives. Résultat : les personnes ayant trompé dans une première relation avaient trois fois plus de risques de le faire dans la suivante.
Mais c’est là que ça devient vraiment intéressant. Parmi ceux qui avaient été infidèles dans la première relation, légèrement plus de la moitié ne l’ont pas refait dans la deuxième. L’histoire n’est donc pas une fatalité.
L’étude éclaire également un angle moins connu : les personnes dont le partenaire avait été infidèle dans une première relation avaient deux fois plus de risques de se retrouver à nouveau avec un partenaire infidèle. Un phénomène inconscient de sélection que Frédéric explore avec nuance, sans culpabiliser, sans minimiser le statut de victime, mais en posant la question de ce qui, en nous, attire des situations similaires. Et de ce qu’on peut en faire, accompagné.
Sa conclusion : la grande majorité des infidélités se produit dans le quotidien, pas dans les voyages professionnels. Et parfois, un couple physiquement éloigné mais qui se parle chaque jour est bien plus proche qu’un couple qui cohabite dans le silence.
Une communauté pour aller plus loin
Ce que Frédéric et Camille construisent épisode après épisode, c’est un espace rare : où l’on parle de sexualité avec rigueur, de couple sans jugement, de santé mentale sans tabou.
Adhérer à l’association Bien Être Montauban est gratuit. C’est accéder à une communauté WhatsApp où Frédéric anime son propre espace, pour poser vos questions sur l’hypnothérapie, la sexologie ou la thérapie de couple, directement, sans intermédiaire.
L’épisode est disponible maintenant. Bonne écoute 🎧


