Il y a quelque chose de particulier dans cet épisode. Pour la première fois, c’est Camille Ficeli qui tient le micro, et c’est Frédéric Vanderplancke qui répond aux questions. Hypnothérapeute, sexologue, préparateur mental, et membre fondateur de l’association Bien Être Montauban, il se retrouve en position d’invité. Et ce qu’il révèle sur lui, sur son métier et sur le cerveau humain vaut largement le détour.
L’alcool et les femmes : une biologie qui ne pardonne pas
Camille ouvre l’épisode avec un sujet qui touche à une image très ancrée dans notre culture : le verre de vin du soir pour décompresser. Ce rituel banalisé, valorisé jusque dans les séries télévisées, cache une réalité biologique que les chiffres rendent difficile à ignorer.
Selon les données du CDC américain, les décès liés à une consommation excessive d’alcool ont augmenté de 35 % chez les femmes, contre 27 % chez les hommes sur la même période. La raison est physiologique : les femmes absorbent davantage l’alcool et le métabolisent plus lentement. À quantité égale, le taux d’alcoolémie est plus élevé, les effets durent plus longtemps, et les dommages, foie, cœur, cerveau, arrivent plus tôt, avec moins d’alcool.
Frédéric apporte son éclairage clinique : chez les hommes, la consommation est souvent liée à des automatismes sociaux. Chez les femmes, il observe davantage cette association entre alcool et décompression méritée, le « je l’ai bien gagné » du soir. Deux logiques différentes, une même vulnérabilité biologique amplifiée.
Et Camille, qui ne boit plus d’alcool depuis plusieurs années, pose une vérité simple mais percutante : l’alcool est peut-être la seule substance pour laquelle il faut se justifier de ne pas en consommer.
Aliments ultra-transformés : vous n’êtes pas faible, vous êtes ciblé
Le deuxième article de la revue de presse est celui que Frédéric a choisi, et son ancien parcours en marketing explique pourquoi il résonne si fort chez lui.
Une étude publiée en 2026 établit ce que beaucoup ressentaient confusément : les aliments ultra-transformés ne sont pas seulement mauvais pour la santé, ils ont été conçus pour court-circuiter les signaux naturels d’appétit du cerveau. Optimisation des doses de sucre, graisse, sel, vitesse de diffusion dans le sang, emballages calibrés, formes pensées pour déclencher la compulsion, les chercheurs appellent ça le bliss point : la formulation précise qui rend un aliment psychologiquement impossible à arrêter.
Ce que Frédéric retient, et transmet, c’est le changement de regard que cela permet. Quand on commence un paquet de chips et qu’on le finit, ce n’est pas un manque de volonté. C’est un cerveau humain normal qui réagit exactement comme ces produits ont été conçus pour le faire réagir. Comprendre ça, c’est déjà reprendre un peu de pouvoir.
Il recommande au passage Système 1, Système 2 de Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie, pour aller plus loin sur les biais cognitifs qui guident nos décisions bien plus que notre raison.
Hypnothérapie : pourquoi attendre d’avoir tout essayé ?
C’est la question que Camille lui pose, et Frédéric commence par en retourner une autre : « La vraie question, c’est plutôt pourquoi attendre ? »
La plupart des gens qui poussent sa porte sont arrivés après avoir tout essayé. Livres, volonté, autres praticiens. Et ce qu’ils découvrent en séance, c’est que leur problème n’est pas un manque de motivation. C’est un cerveau conscient qui essaie de fonctionner sans dialogue avec son inconscient. L’hypnothérapie, c’est précisément ça : créer ce dialogue. Pas pour reprogrammer de force, mais pour lever un blocage souvent installé depuis un événement précis, parfois très ancien.
Les raisons de consulter sont plus larges qu’on ne le croit. Addictions comportementales, tabac, sucre, alcool, écrans. Anxiété, stress chronique, crises de panique. Phobies. Confiance en soi et estime personnelle après une rupture ou un échec. Troubles du sommeil. Syndrome de l’imposteur. Difficultés à accepter la réussite, oui, ça existe aussi. Et de plus en plus souvent : des gens qui vont bien mais qui sentent qu’ils se brident, et qui veulent performer davantage dans leur sport, leur travail ou leurs relations.
Frédéric défend une idée qui mérite d’être entendue : l’hypnothérapie ne devrait pas être réservée à la souffrance. Prendre deux ou trois séances tous les deux-trois ans pour faire le point, déposer ce qu’on porte, explorer où on en est, c’est du soin préventif, au même titre que chez l’ostéopathe ou le dentiste.
Du marketing à l’hypnose : le même métier, une autre boussole
C’est la séquence la plus personnelle et la plus inattendue de l’épisode. Camille l’interroge sur son parcours atypique, école de commerce, marketing, vente, et la façon dont il en est arrivé là.
Tout part d’un détail : un développeur web qui lui explique qu’en changeant la couleur d’un bouton sur une page, on obtient plus de clics. Frédéric veut comprendre pourquoi. Cette curiosité le mène vers les biais cognitifs, le neuromarketing, les neurosciences, puis la PNL, et finalement l’hypnose, d’abord pour influencer, puis pour soigner.
Sa formulation est d’une franchise désarmante : « Je fais le même métier. Avant, j’influençais des gens en jouant sur leur frustration pour qu’ils achètent quelque chose. Aujourd’hui, ce sont eux qui me disent comment les manipuler, pour arrêter de fumer, pour aller mieux, pour manger moins. » La différence ? La direction. Et les leviers.
Ce qui a changé en lui ? Il est moins stressé. Mais surtout, il regarde les gens différemment. Ce temps qu’il prend à découvrir une personne fait tomber les a priori très vite. Et cette capacité, il l’a emmenée dans sa vie personnelle. Plus de tolérance. Plus de curiosité envers l’autre. Même s’il tient à préciser, avec l’humour qui lui est propre : « N’allez pas penser que je suis devenu quelqu’un du camp du bien. »
Sexo : la sexualité féminine atteint son apogée à 40 ans, et ce n’est pas une question d’âge
La rubrique sexo de cet épisode s’appuie sur un article documentant un phénomène que de plus en plus de femmes témoignent elles-mêmes : leurs 40 ans ont été la meilleure période de leur vie sexuelle.
Les expertes interviewées nuancent l’idée d’un pic fixe. La sexologue Trina Reid l’explique clairement : ce pic n’est pas lié à un âge, mais à la capacité d’une femme à demander ce qui lui procure du plaisir et à se l’autoriser pleinement. C’est davantage une question d’estime de soi que de biologie. En vieillissant, les femmes se débarrassent plus facilement de la honte sociale, et c’est ce qui fait reculer ce pic vers la quarantaine, voire la cinquantaine.
Camille rebondit avec une anecdote venue d’un festival dédié aux femmes, et l’adage qu’elle en a ramené fait sourire. Frédéric, lui, relie cette réalité à ce qu’il observe en cabinet : une pression de performance sexuelle encore très présente chez les femmes, ancrée dans la croyance que s’adapter aux désirs du partenaire est nécessaire pour préserver le couple. Une croyance que l’hypnothérapie peut, doucement, dénouer.
L’association avance, et vous pouvez en faire partie
Ateliers de Breathwork de Camille deux jeudis par mois, séance collective le 21 juin pour la Fête de la Musique à Montauban, ateliers d’aromathérapie avec Alexia, sophrologie avec Anne, l’association Bien Être Montauban construit, épisode après épisode, un écosystème de praticiens accessibles et engagés.
Adhérer, c’est gratuit. C’est rejoindre une communauté WhatsApp où vous pouvez poser vos questions directement à Frédéric, Camille, et tous les autres praticiens. C’est accéder à des contenus premium et être prévenu en avant-première des ateliers, les places sont limitées.
L’épisode est disponible maintenant. Bonne écoute 🎧


