Association Bien-être Montauban

Hypnose et syndrome prémenstruel : une piste sérieuse pour apaiser la détresse psychologique

Hypnose Syndrome Pre-Menstruelle

Le syndrome prémenstruel (SPM) reste encore trop souvent relégué au rang de « désagrément passager ». Pourtant, près de 80 % des femmes menstruées rapportent des symptômes physiques et psychologiques plus ou moins marqués : irritabilité, anxiété, fatigue intense, troubles de l’humeur, difficultés de concentration… Chez certaines, ces manifestations deviennent si envahissantes qu’elles impactent profondément la vie personnelle, sociale et professionnelle.

Une étude(1) récente menée par Heydarpour, Heydarpour et Dehghan s’est intéressée à un angle encore peu exploré : l’efficacité de l’hypnose dans la prise en charge de la détresse psychologique liée au syndrome prémenstruel, notamment chez les étudiantes. Et les résultats sont loin d’être anecdotiques.

Le poids invisible du SPM chez les jeunes femmes

La période universitaire est déjà exigeante en soi : pression académique, charge mentale, incertitudes liées à l’avenir, équilibre émotionnel fragile. Lorsqu’un SPM marqué s’ajoute à ce contexte, il peut amplifier l’anxiété, perturber la concentration et fragiliser l’estime de soi.

Ce que montre cette recherche, c’est que le SPM n’est pas seulement une affaire hormonale. Il s’agit aussi d’un vécu émotionnel et cognitif, souvent sous-estimé, qui mérite une approche globale et respectueuse de la personne.

L’hypnose : un état naturel au service de l’équilibre émotionnel

Contrairement aux idées reçues, l’hypnose n’est ni une perte de contrôle ni un état de sommeil. Elle correspond à un état de conscience modifié, naturel, que chacun expérimente déjà au quotidien (absorption dans un livre, rêverie, conduite automatique…). Dans cet état, l’attention est plus focalisée, l’esprit plus réceptif, et les ressources internes plus accessibles.

Dans l’étude, les séances d’hypnose ont permis aux participantes de développer un meilleur apaisement émotionnel, une diminution de l’anxiété et une capacité accrue à réguler leurs ressentis. Les suggestions hypnotiques visaient notamment à renforcer le sentiment de sécurité intérieure, à favoriser la détente corporelle et à modifier la perception des inconforts émotionnels liés au cycle menstruel.

Autrement dit, l’hypnose ne cherche pas à “faire disparaître” le symptôme, mais à transformer la relation que la personne entretient avec ce qu’elle vit.

Une approche respectueuse et éthique

Un point essentiel de cette recherche réside dans l’attention portée à l’éthique. Les participantes ont été pleinement informées du cadre, des objectifs et du déroulement des séances. Leur consentement éclairé était au cœur du protocole.

C’est un rappel important : l’hypnose thérapeutique n’est jamais une technique imposée. Elle repose sur la coopération, la sécurité psychique et le respect du rythme de chacun. C’est précisément ce cadre sécurisant qui permet un travail en profondeur.

Des bénéfices concrets de l’hypnose dans la vie quotidienne

Les résultats suggèrent que l’hypnose pourrait constituer un soutien précieux pour les femmes confrontées à une détresse psychologique liée au SPM. Une meilleure gestion émotionnelle, une réduction de l’anxiété et un sentiment de reprise de contrôle peuvent avoir un impact direct sur la qualité de vie, les relations sociales et la performance académique ou professionnelle.

Les séances d’hypnose ne se substituent pas aux suivis médicaux ou psychologiques existants, mais elles peuvent venir les compléter de manière douce et non invasive.

Vers une nouvelle approche de la santé mentale féminine

Cette étude ouvre également une réflexion plus large sur la place accordée à la santé mentale des femmes. Le SPM reste encore entouré de tabous, souvent minimisé, parfois même tourné en dérision. Ce silence contribue à l’isolement et à la banalisation de la souffrance.

Favoriser une parole libre, informer, normaliser ces expériences et proposer des outils adaptés, comme l’hypnose,  participe à une véritable démarche de prévention et de soin.

Et maintenant ?

Les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les travaux : études à plus grande échelle, suivi à long terme, exploration d’autres profils de femmes… Mais une chose est déjà claire : l’hypnose mérite pleinement sa place parmi les approches thérapeutiques sérieuses dans l’accompagnement du SPM.

Dans un monde où la santé mentale devient enfin une priorité, cette approche ouvre la voie à une prise en charge plus humaine, plus nuancée et profondément respectueuse du vécu féminin.

L’hypnose n’est pas une promesse magique. C’est un outil puissant, lorsqu’il est bien utilisé, pour aider les femmes à retrouver un rapport plus apaisé à leur corps, à leurs émotions et à leur quotidien.

Source :

Heydarpour, S., Heydarpour, F., Dehghan, F. et al. Effect of hypnosis on psychological distress in female university students with premenstrual syndrome.
Discov Ment Health (2025). https://doi.org/10.1007/s44192-025-00355-7

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